La clôture de fenêtres et autres ouvertures à l’aide d’un assemblage de pièces de verre était déjà connu dans l’Antiquité : on a retrouvé des fragments de verre coloré à Pompéi, Herculanum, Rome, et dans d’autres sites de l’empire romain.
Les vitraux médiévaux sont sans doute issus des claustras de stuc, pierre ou bois, à motifs géométriques ou décrivant des arabesques, enchâssant des mosaïques de verre, technique encore en vigueur dans l’art islamique à l’époque.
En Occident, l’art du vitrail, essentiellement religieux au départ, a connu son âge d’or aux époques romane et gothique, puis sous la Renaissance, avant de tomber quelque peu en disgrâce à partir de la Révolution.
Remis au goût du jour à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle avec l’avènement de l’Art nouveau, il occupe aujourd’hui une place prépondérante dans la création artistique et architecturale contemporaine. D’ailleurs, comme bon nombre d’édifices publics et privés, la plupart des églises modernes se dotent depuis le siècle dernier de vitraux souvent plus décoratifs et abstraits que religieux, dans lesquels la couleur et la texture des verres jouent un rôle majeur.
La technique de fabrication des vitraux, minutieusement décrite, pour la première fois dans l’histoire, dans le traité sur les métiers d’art, Diversarum artium schedula, rédigé au début du 12ème siècle par le moine Théophile, s’est peu modifiée avec le temps.
On employait déjà au 12ème siècle une solution de limaille de fer et d’oxyde de fer (équivalent de nos grisailles actuelles) pour décorer les vitraux ; quand la peinture était sèche, les vitraux étaient recouverts de chaux et placés dans un four à bois, où ils subissaient une cuisson à une température inférieure à leur point de fusion. C’est à peu de choses près ce que nous faisons aujourd’hui pour la peinture sur verre.
Le mastic, employé pour rendre les vitraux étanches et éviter les infiltrations d’eau, était fabriqué à base de cendres et d’huile de lin ; aujourd’hui, nous utilisons un mélange de blanc d’Espagne et d’huile de lin.
Aux 19ème et 20ème siècles, avec l’apparition de nouveaux matériaux et l’évolution des technologies, le processus de fabrication du vitrail et le travail du verre se sont sensiblement modifiés. Cependant, les maîtres verriers, toujours attachés à la notion de conservation du patrimoine, continuent à effectuer les gestes et à utiliser les techniques traditionnels, que les machines et nouveaux procédés ne peuvent parvenir à égaler.
QUELQUES HAUTS LIEUX DU VITRAIL ET LES DATES DE LEUR CONSTRUCTION
Cathédrale de Chartres : construction de 1192 à 1260, art gothique.
Cathédrale Notre-Dame de Paris : construction entreprise en 1163 à l’initiative de Sully, achevée au milieu du 13ème siècle, restaurée par Viollet-le-Duc au milieu du 19ème siècle. Art gothique.
Cathédrale Notre Dame de Reims : construction achevée au 13ème siècle, art gothique.
Basilique de Saint-Denis : début de la construction en 1122 à l’initiative de l’abbé Suger, achèvement au 13ème siècle. Abbatiale gothique, cathédrale depuis 1966. Abrite les sépultures de rois de France.
Sainte Chapelle, Paris : bâtie sous le règne de Saint-Louis (1241-1248), architecture gothique rayonnante.